Crèches, écoles, hôpitaux, maisons de retraite, supermarchés, hôtels, bâtiments de bureaux... Nous fréquentons ces lieux régulièrement. Il existe une circulaire, datant de 1998, concernant la prévention de la légionellose dans les lieux publics. Le contrôle et la désinfection des canalisations, systèmes de climatisation, fontaines, tours aéroréfrigérantes et autres équipements à risque ne sont pas obligatoires. Ils sont seulement « recommandés » et, malgré l’existence de textes officiels, cette prévention primaire est très insuffisamment appliquée. En effet, contrairement au problème de l’amiante par exemple, la légionellose est encore trop méconnue, et ne suscite donc pas de grande inquiétude dans l’opinion publique.
Dans les hôpitaux et les autres établissements sanitaires, la prévention est particulièrement cruciale, car le public présent est souvent fragile (enfants, personnes âgées, malades). La légionellose fait partie des nombreux risques d’infections nosocomiales (c’est-à-dire des maladies contractées à l’hôpital), qui sont combattues par une observation rigoureuse de règles d’entretien et d’hygiène souvent simples. Cette prévention doit être accrue.
Depuis 1987, la surveillance de la légionellose en France est essentiellement basée sur le système de déclaration obligatoire.
En novembre 1993, un document (la norme AFNOR T 90-431) est élaboré et sert de référence lors de l’analyse microbiologique de types d’eau particuliers (eaux potables, eaux de baignade, eaux de surface…)
La surveillance a été renforcée en 1997 par le système interactif de signalement de cas de légionellose entre le Centre National de Référence des Legionella (CNR) et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS).
Le 31 décembre 1998, paraît la circulaire DGS n° 98/771. La direction générale de la santé précise également les moyens de prévention du risque lié aux Legionella dans les installations à risque et dans celles recevant du public. Cette circulaire implique en particulier la mise en œuvre d’une surveillance de la contamination des réseaux de distributions d’eau par la recherche des Legionella sur les prélèvements effectués dans les réservoirs, les ballons d’eau, les réseaux de climatisation.
En 1999, 37 services de microbiologie volontaires ont créé l’Observatoire des Legionella en Ile de France qui notifie tout diagnostic positif à la DDASS et à l’InVS (Institut national de Veille Sanitaire).
Au niveau européen, la France participe activement au réseau EWGLI. Ce réseau, qui regroupe 31 pays, signale aux autorités sanitaires du pays concerné, tout cas de légionellose chez une personne ayant voyagé pendant les 10 jours précédant le début de la maladie en précisant les lieux fréquentés.
Que peut-on faire dans un premier temps ?
• Audit Essentiel
- Connaissance du fonctionnement des réseaux et des infrastructures d’Eau Chaude Sanitaire (ECS).
- Création ou mise à jour des plans de réseaux et d’infrastructures d’ECS, complétée du recensement des risques potentiels.
- Prélèvements* initiaux de quantification.
- Interprétation des plans, des risques et des résultats d’analyses initiales.
- Prélèvements* complémentaires éventuels, propositions de solutions curatives.
- Établissement du carnet sanitaire et suivi périodique le cas échéant.
• Audit Complémentaire
- Formation du personnel au suivi et à l’application du carnet sanitaire.
- Modélisation hydraulique qualitative et quantitative des réseaux et infrastructures (Logiciel PORTEAU et module qualité développé par le Cemagref) :
- calcul des temps de séjour,
- mesure des vitesses de l’eau,
- vérification des débits transités.
* Les prélèvements d’eau sont acheminés, en compartiment réfrigéré et régulé à 4°C, en laboratoire agréé, pour la réalisation d’analyse légionelle selon la Norme AFNOR T90-431 sous couvert de l’accréditation COFRAC.